Ida PFEIFFER (1797-1858)

Publié par Celine LEVY le

Exploratrice autrichienne, Ida Pfeiffer se mit à parcourir le monde, seule (en bateau, à pied, à cheval, en chameau…) et sans argent à l’âge de 45 ans. Comme quoi, les voyages ne forment pas que la jeunesse.  C’est au fil de ces voyages et de ces rencontres qu’Ida deviendra une naturaliste reconnue. Nous connaissons bien ces voyages grâce aux nombreux récits qu’elle nous a laissés. 
« De même que le peintre tient à reproduire une image et le poète à rendre ses pensées, de même je tiens à voir le monde. Si les voyages ont été le rêve de ma jeunesse, le souvenir de ce que j'ai vu fera le charme de ma vieillesse. » (Extrait de « Voyage d’une femme autour du monde » de 1850).  
Laissez-moi vous raconter l’histoire de cette femme inspirante.
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1. Qui est Ida ? 

Ida Pfeiffer. Grenier Séléné, le blog. Mettez un peu de la magie du passé dans votre intérieur. Décoration, illustrations et bijoux pour un voyage dans le temps. Bring some of the magic of the past into your interior. Decoration, illustrations and jewelry for a travel through time.
Née Ida Laura Reyer, en Autriche, elle grandit dans une famille de la riche bourgeoisie viennoise. Sa famille a fait fortune dans l’industrie et le négoce. Ida a une personnalité intrépide. Elle aime jouer avec ces frères et a du mal à se plier aux exigences que l’on attend d’une fille de cette époque. Son éducation est ponctuée de récits de voyages et d’initiations à la géographie que lui apporte son précepteur Emil Trimmel.
Joseph Franz Emil Trimmel,
Joseph Franz Emil Trimmel, 
1786-1867,

Emil, fasciné par la personnalité révoltée de son élève, tombe amoureux d’Ida qui a alors 16 ans. Cet amour est réciproque mais n’est pas du tout du goût de sa famille qui les oblige à ne plus se voir. Elle épouse finalement un avocat, Anton Pfeiffer de 24 ans son aîné, en 1820. Ils s’installent tous les deux à Lemberg (à 800 km de Vienne) et fondent une famille. Mais Anton rencontre de grosses difficultés financières après avoir tenté de combattre la corruption. En 1833, Ida quitte Anton et retourne dans sa famille à Vienne pour assurer l’éducation de ces enfants.
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2 . La deuxième vie d’Ida : les voyages

C’est un séjour chez son oncle à Trieste, en 1836, qui déclenche chez Ida cette folle frénésie de voyages. Elle y voit pour la première fois la mer. Sans compagnon de route et sans argent en poche, elle entame sa deuxième vie, celle d’exploratrice.
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Elle effectue son premier voyage en 1842 à l’âge de 45 ans. Elle part pour la Terre Sainte où elle découvre Constantinople (actuelle Istanbul), la Palestine et l’Egypte. C’est au cours de ce voyage qu’elle rencontre Friedrich von Berchtold, un médecin botaniste. Cette rencontre marqua sa façon de voyager par la suite. De retour à Vienne, elle s’initie aux techniques de collecte et de conservation, rapportant ensuite des spécimens d’insectes, de plantes et de papillons de tous ces voyages
Ida Pfeiffer
Ida Pfeiffer grimpant sur la pyramide de Gizeh. © https://www.coleccioncisneros.org
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Pour son deuxième voyage, elle choisit l’Islande en 1845. Elle passe par Prague, Hambourg et Copenhague. Sur place, elle collecte des plantes, des insectes et des crustacés. Elle observe également les phénomènes volcaniques. De l’Islande, elle poursuit son voyage en Scandinavie avant de retourner à Vienne.
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Ida ne s’arrête pas là. Son désir de voyages et de découvertes est insatiable. En (septembre) 1846, elle entame son premier tour du monde en passant par le Cap Horn (Chili). Elle commence par le Brésil accompagnée par le comte Berchtold durant quelques mois puis visite seule les Amérindiens Puris. Elle part ensuite pour le Chili et embarque pour la Chine, en faisant escale à Tahiti (avril – mai 1847). Elle arrive en Chine en juillet 1847 puis continue vers Singapour et l’Inde. Elle revient à Vienne en passant par la Perse (en repassant par Constantinople) et la Grèce. Elle arrive à Vienne en novembre 1848.
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Elle entame son deuxième tour du monde en aout 1851. Cette fois, elle part de Grande-Bretagne et décide de passer par le cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud. Elle retourne pour la seconde fois à Singapour et passe 8 mois dans les archipels d’Indonésie. C’est au cours de ce périple qu’elle gagne sa réputation d'exploratrice. Elle rapporte de nombreux spécimens d’insectes ou de papillons qui n’avaient jamais encore été vus en Europe. Elle rencontre de nombreux peuples comme les Dayaks de Bornéo, les Bataks de Sumatra ou les Nuaulus de Seram. De Djakarta, elle embarque pour un voyage de trois mois avec comme destination la Californie où elle arrive en septembre 1853. Elle continue en Equateur et au Pérou mais elle doit rebrousser chemin lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle ne pourra pas traverser les Andes. Elle rejoint alors Panama, puis les Etats-Unis depuis la Nouvelle-Orléans, direction New-York et le Canada (Montréal et Québec). Elle retourne ensuite à Londres puis retrouve son fils aux Açores et rentre enfin à Vienne en 1855.
Ida Pfeiffer
Ida Pfeiffer en Amérique du Sud.
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Mais Ida ne tient pas en place. En 1856, elle fait le tour des capitales européennes pour trouver des appuis pour son prochain voyage : Madagascar. Tous la dissuadent de partir à cause du climat politique très instable. Elle part cependant au Cap et rencontre le français Joseph Lambert qui envisageait lui aussi un nouveau voyage dans ce pays qu’il connaissait déjà. Elle séjourne cinq mois avec Lambert à l’Ile Maurice et arrive à Madagascar en mai 1857. Mais Lambert n’avait pas été tout à fait honnête sur ces intentions. Il prépare un coup d’état contre la reine Ranavalona Ira (considérée comme une prêtresse et une déesse) avec le fils de celle-ci, le prince Rakoto et l’hôte qui les hébergeait. Ida découvre le complot mais ne le désapprouve pas en raison de la personnalité de la reine qu’elle ne comprend pas. Le coup d’état échoue et les protagonistes échappent de peu à la mort. Ida et ses compagnons sont reconduits au port en passant par les zones les plus dangereuses de l’ile. Après ce coup d’état, la reine s’en prend aux chrétiens de l’île et les persécute. Ida rejoint l’ile Maurice en septembre 1857. Elle est très malade (certainement le paludisme) mais ne rentre à Vienne qu’en septembre 1858 avant d’y mourir le 27 octobre 1858.
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3. Une scientifique reconnue

Ida Pfeiffer 
Ida Pfeiffer équipée pour la collecte d'insectes et de papillons. Lithographie d'Adolph Dauthage, 1858. 
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 Au cours de ces nombreux voyages, Ida rencontre de nombreux scientifiques, botanistes, naturalistes qui la forment et l’épaulent par la suite. Elle rencontre également de nombreux hommes d’affaires qui lui servent de mécènes pour financer et organiser ses voyages. Elle gagne en notoriété au cours de son deuxième tour du monde. Cela lui facilite parfois le voyage, comme aux Etats-Unis. De retour de son deuxième tour du monde en 1856, elle est admise grâce à Titter et Humboldt, à la Société de géographie de Berlin et de Paris, ainsi qu’aux Sociétés de zoologie de Berlin et d’Amsterdam
Ida est devenue une scientifique reconnue par la communauté scientifique européenne. Les spécimens qu’elle a ramené de voyages enrichissent, encore aujourd’hui, les collections des musées de la ville de Vienne.
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4. Les récits de voyages d'Ida 

Au retour de son premier voyage en Terre Sainte, un éditeur viennois lui propose d’éditer ses notes. Ainsi parait "Voyage d'une Viennoise en Terre sainte » en 1843. Puis, elle raconte son deuxième voyage dans "Voyage vers le nord scandinave et l'île d'Islande" en 1846.
Son premier tour du monde est publié en 1850 dans son récit intitulé Voyage d'une femme autour du monde. Son deuxième tour du monde parait en 1856 sous le titre de Mon second voyage autour du monde.
Ces récits sont aujourd’hui des références dans le domaine du récit de voyage.
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Pourquoi Ida Pfeiffer ?

Quand j’ai découvert la vie de cette aventurière, bien assise au fond de mon canapé, j’ai d’abord frémi face à tous les dangers qu’elle a dû affronter. En parcourant la liste de ses destinations, j’ai ensuite été émerveillée par la force de caractère dont elle a fait preuve en tant que femme pour arriver au bout de ses périples.

C’était donc une évidence de nommer une collection d’après cet exemple d’une vie active nourrie par la soif de découverte. C’est dans cet esprit que la collection Ida rassemble des merveilles des mondes passés et inconnus.

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